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L'ACUPUNCTURE - PHOTO ROGER DE LA FUYE - rogerdelafuye.com
L'ACUPUNCTURE

L’attention du monde médical occidental est attirée, depuis plus de deux cents ans par les résultats thérapeutiques favorables, obtenus au moyen de la vieille médecine chinoise, plus de dix fois millénaire, qui a nom l’Acupuncture.

Mais l’étude de l’Acupuncture, soit dans les traductions des livres chinois ou japonais, soit dans les traités Européens, est, il faut bien le reconnaître, pleine de mystères et surtout de noms chinois, qui peuvent rebuter nombre de médecins désireux de pénétrer les arcanes de cet antique art de guérir.

Il est certain que lorsque les chinois affirment que tout, dans la nature, dépend de la lutte éternelle que se livrent le Dragon Vert et le Dragon Rouge, on reste pensif, et notre esprit part en rêve vers le pays des belles histoires de l’Extrême-Orient.

Lorsqu’ils enseignent que la Santé, ce bien précieux, est étroitement liée aux vicissitudes de cet éternel combat entre la force « INN » du Dragon Vert et la force « Yang » du Dragon Rouge, notre âme occidentale continue à n’y voir qu’une légende. Et pourtant, que de vérités aveuglantes, si l’on veut de donner la peine de dépouiller cette admirable médecine chinoise, des voiles épais sous lesquels elle se cache !

Voiles des légendes d’abord, et j’ajoute hélas ! car la poésie qui s’en dégage est pleine de charmes et repose notre âme des tristesses de notre ère.

D’autre part, en Chine, les médecins étaient payés tous les mois, tant que le patient était en pleine santé. Dès qu’il tombait malade, le médecin ne touchait plus rien ! ( Il ne faut pas oublier que cette médecine est surtout préventive, pour garder les énergies en place. Dès qu’il manque cette énergie ou qu’elle est déplacée, il est plus long de la remettre en place. La plupart des malades attendent un miracle permanent et rapide de l’Acupuncture. Mon père demandait à faire 18 séances pour avoir le temps, après les premiers bons résultats, d’aller dans la phase critique où le malade pensait que tout allait mal, pour ensuite remonter et là, le miracle arrivait)

Voiles des noms chinois ensuite, dont la nomenclature est rébarbative, aussi bien pour notre mémoire que pour nos oreilles occidentales.

Évidemment, ces noms sont étudiés et retenus par les spécialistes, et, entre acupuncteurs, il est d’usage courant de les dénommer par leur appellation chinoise. Mais si l’on veut que soit diffusé, pour le plus grand nombre des médecins, l’étude de la Siniatrie – nom moderne de la vieille médecine chinoise – il n’y a pas lieu, semble-t-il, d’encombrer notre intelligence de ces noms difficiles à retenir, et notre larynx de ces syllabes gutturales. Ils ne seront donc indiqués que pour mémoire.

Alors pourquoi n’en pas donner les traductions françaises ? Parce qu’il ne faut pas oublier que les gens d’Extrême-Orient pensent et parlent en images. La traduction des noms chinois donnerait alors une succession de termes, dont le sens, plus ou moins allégorique, est tantôt plein de poésie, tantôt assez réaliste, mais n’est que rarement explicatif, et pas du tout médical.

On voit, en effet, difficilement un médecin de nos Hôpitaux dire à l’interne de service : « Vous ferez une piqûre sur le point « Abondance et prospérité » une autre sur « Puits Céleste », la troisième sur « Mer lumineuse », la quatrième sur le « Fossé du vers à bois » et vous terminerez par la « Grande cloche » ! mieux vaudrait en revenir aux noms chinois et passer du « Fong-long » au « Tienn-tsing », du « Tchao-raé » au « Li-kéou » et au « Ta-chong ».

Il est cependant des cas où les traductions ont un sens. Ainsi « Fond de la vallée » nous indique que ce point est situé dans le fond de l’angle creux formé par les deux métacarpiens.

D’autres évoquent l’action exercée : tel le point « Sourdre de nouveau » parce qu’il excite la sécrétion rénale.

D’autres enfin sont donnés en raison d’un usage populaire, en rapport avec la région anatomique où ils se trouvent : ainsi le « Moindre marchandage » est ainsi nommé, parce que, « situé sur la phalange « onglée » (sic) du pouce, il « était dressé pour indiqué le minimum de la somme demandée dans un marchandage ».

Certains autres points, dont l’action s’exerce sur le psychisme, ont des surnoms très joliment évocateurs, tel la « Joie de vivre » point curatif étonnant des neurasthénies, et la « Divine indifférence », qui confère aux anxieux un équilibre nerveux, générateur de cette merveilleuse sérénité du Sage, dont notre époque a tellement besoin !

(À ce sujet, un aparté : Marie, la domestique de la maison était très dépressive et voulait repartir en Bretagne. Mon père devant arriver le lendemain, ma mère demande à l’assistante de faire a Marie ces deux derniers points pour qu’elle puisse se calmer et réfléchir avant de partir… Après la séance, Marie se trouvait très bien, et lorsque ma mère lui demanda sa réponse… elle dit : « Oh ben tout va bien, mais que Monsieur arrive demain, j’en ai rien à faire… ». Depuis ce temps, ma mère n’a plus jamais demandé que l’on fasse « la Divine indifférence » aux aides ménagères…. )

Enfin, certaines traductions ont un sens humoristique indéniable. Le point qui guérit les rétentions d’urine, n’est-il pas dénommé « Source bouillonnante ? » Avouons que ce mot ouvre au malade des perspectives pleines d’optimisme ! Et ce point qui correspond aux troubles gastro-hépatiques, consécutifs à de trop bons repas, ne l’ont-ils pas appelé « Paiement cruel » ?

Lorsque mon père a découvert que les interrogatoires que l’on doit faire au malade pour le soigner par l’Acupuncture, correspondait exactement aux interrogatoires que l’on doit faire pour le soigner avec l’homéopathie, il a très vite découvert le rapport des deux avec : l’Homéo-Siniatrie. Que l’acupuncture suivait les méridiens d’énergie, et que les médicaments homéopathiques correspondaient a ces énergies.

Certains médecins lui ont dit : « mais quel besoin avez-vous de rapprocher de l’Acupuncture, science déjà suspecte aux yeux de maints officiels, la thérapeutique homéopathique, si discutée ? Ne craignez-vous pas de détourner ainsi définitivement de l’acupuncture, ceux qui seraient tentés de l’essayer ? »

L’allopathe est un cartésien qui ne croit qu’à ce qu’il voit et dont la thérapeutique quantitative se ressent de ce cartésianisme. L’homéopathe pur ou même « mystique » croit à la « présence réelle » de la Matière médicamenteuse dans ses dilutions élevées qualitatives, comme un Catholique fervent croit à la Présence Réelle du Christ dans l’Eucharistie.

Dans l ‘état actuel de la Science, il est aussi impossible, expérimentalement parlant, à un homéopathe de prouver l’existence de cette matière médicamenteuse dans une dilution hahnemannienne supérieure à la onzième centésimale, qu’à un prêtre de prouver la réalité de la Transsubstantiation.

Le seul raisonnement, si l’on peut dire, que peut tenir cet homéopathe pour défendre sa Foi, sa Religion, c’est d’affirmer : « Et pourtant je guéris ! » rappelant ainsi le « Eppur, si muove » (et pourtant, elle tourne) de Galilée. ( Petit extrait de l’introduction du Traité D’Acupuncture Tome I deuxième édition, signé R. de La Fuÿe 10 Mai 1947)


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